L'alternance
plates faces-tourelles suivant un plan ondulant confère au
buffet une impression de puissance et d'harmonieuse élégance
caractérisant le style classique français. Pas une seule
surface plane dans tout cet ensemble, les
courbes allégeant la rigidité des droites verticales
des tuyaux. Tous les personnages (atlantes et angelots) suggèrent
par leur plastique, une vitalité et une exubérance propres
au style baroque français en harmonie avec le rendu sonore.
C'est bien l'expression d'une sarabande illustrant le psaume 150.
En
regardant attentivement, on observera avec amusement qu'un des angelots
supposé jouer de la flûte, tient entre ses mains un ...manche
à balai.
On
peut noter qu'à la suite d'un affaissement de la tribune le
positif est légèrement désaxé
par rapport à l'ensemble du buffet.
Orgue
de K J Riepp (1754)
de la collégiale de Dole
Portrait
de K J Riepp par Andréas Brügger
(Salem 1774)
Accouplements à tiroirs Positif / Grand Orgue ---- Récit
/ Grand Orgue
Soufflerie : 2 soufflets à plis parallèles (1920)
+ 6 soufflets cunéiformes (1992)
Diapason : la3 :420 Hz; tempérament inégal.
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L'orgue
de Dole se caractérise par un subtil mélange
de plusieurs esthétiques.
C'est d'abord un instrument classique construit par
K J Riepp entre 1750 et 1754 dont il conserve les jeux
à bouche du Grand orgue et du Positif ainsi que
les anches installées en 1787 par François
Callinet.
C'est aussi un instrument romantique par les ajouts
de Joseph et Xavier Stiehr (pédale, claviers
d'écho et de récit) en 1830 et 1854 qui
ont su respecter l'esthétique d'origine.
Cette continuité entre le XVIII° et le XIX°
siècle est le fait d'Ignace Müller organiste
à Dole de 1825 à 1878 qui fit engager
les frères Stiehr.
C'est enfin au facteur dolois Philippe Hartmann que
l'on doit de connaître l'orgue actuel qu'il sauva
d'un désastre certain en 1959 lors de la restauration
hasardeuse du buffet. K J Riepp a conçu pour
cet instrument un buffet de structure classique dont
on retrouve la même disposition dans le Grand
orgue de la cathédrale Saint Bénigne de
Dijon.
A noter que le buffet proprement dit fut réalisé
par le célèbre ébéniste
dolois Attiret, les sculptures étant l'oeuvre
de Michel Devosge.
Etienne Baillot et Jacques Beraza,
s'efforcent par leur expérience, leur talent
et leur profond attachement à cet instrument
unique de le faire sonner pour le plus grand plaisir
des mélomanes grâce à leur toucher
exceptionnel respectueux de l'âge vénérable
de ce chef d'oeuvre de K. J. Riepp.
On
ne peut pas évoquer l'orgue de Dole
sans citer le nom de Michel Chapuis
(natif de Dole) qui, enfant, apprit à jouer sur
cet instrument qu'il a rendu célèbre dans
le
monde entier et qu'il aime à venir toucher à
l'occasion . Certes
si, comme le murmurent
certains "cultureux" acrimonieux Michel Chapuis
n'est pas propriétaire de
l'orgue de Dole, il en restera à jamais un ambassadeur
illustre.
Karl
Joseph Riepp naquit à Ottobeuren le 24 janvier
1710, un an avant son frère Rupert.
Sa famille était originaire du Tyrol et vint s'établir
en Souabe.
Les frères Riepp ont donc été fortement
imprégnés par l'esprit de la Contre-Réforme
et du style baroque.
Cet esprit se manifestait surtout dans les nombreuses
et puissantes abbayes bénédictines et cisterciennes
qui avaient essaimé dans la région.
La musique était donc omniprésente en particulier
à l'abbaye d'Ottobeuren.
Après la mort de leur père, Karl Joseph
et Rupert quittent Ottobeuren pour aller travailler à
Strasbourg auprès d'André Silbermann avant
de s'installer en Bourgogne.
Le 18 avril 1741 K J Riepp épouse une fille de
bonne famille Anne Françoise Eve de Jouhe (proche
de Dole).
Le couple reste à Dole jusqu'en 1742 avant de s'établir
définitivement à Dijon. En 1748 K J Riepp
fut intronisé dans la corporation des marchands
de vin de Dijon : désormais son activité
principale sera le négoce de vin pour le compte
des abbayes de Citeaux, de Salem et d'Ottobeuren.
K
J Riepp meurt à Dijon le 5 mai 1775, laissant à
sa femme un important patrimoine viticole et ... pas mal
de soucis.
Son oeuvre comme facteur d'orgue est vaste, unique et
présente une grande homogénéité
de style et d'esthétique proche de celle d'André
Silbermann.
Ce
vénérable instrument après avoir été
réduit au silence pendant presque trois années nécessaires
aux
travaux de restauration de la
collégiale sonne de nouveau dans toute sa splendeur pour
la plus grande joie
des
amoureux de la musique d'orgue (31 mai et 1 Juin 2009 avec J.
Beraza et E. Baillot).
L'orgue
protégé par un sarcophage durant
les
travaux de restauration.
Comme
la chrysalide qui déchire son cocon
l'orgue
de Riepp réapparaît derrière ses voiles
protecteurs
(22
mai 2009).
Vision
onirique ? Ou effet de l'ivresse de la musique ?
Orgue
Riepp de la Trinité de l'abbaye d'Ottobeuren (1766).
K
J Riepp en famille (auteur inconnu, musée d'Ottobeuren)
Cette année (2010) sera célébré le
300e anniversaire de la naissance de K J RIEPP.
Tuyaux
du Grand orgue de Dole.
Buffet
de l'orgue de la cathédrale de Dijon.
C'est
à peu près tout ce qui reste de
l'esthétique de Riepp dans cet instrument (Dijon).