De
l'instrument le plus modeste au plus somptueusement baroque
Orgue
de Valère à Sion (Valais) 1430 ?
Sans
doûte le plus ancien au monde
Orgue
Joseph Gabler de l'abbaye de Weingarten (Allemagne)
1737
- 1750
La
facture d'orgue relève d'une alchimie complexe mettant en oeuvre
des éléments aussi différents que le bois, le métal,
l'ivoire, l'ébène, le cuir, l'air etc
pour obtenir un instrument modeste ou gigantesque dont l'esthétique
et le son
peuvent parfois plonger le profane dans un sublime état de mystère
voire d'extase encore amplifié par la réverbération
acoustique des voûtes de l'édifice.
Rien d'étonnant que ce soit dans le Jura où se conjuguent
tous ces éléments
que l'art de la facture ait trouvé un terrain propice avec la
maîtrise et le savoir-faire
d'artistes experts tels que Bernard Aubertin, installé près
de Dole. L'orgue Riepp de la collégiale de Dole
demeurant un chef d'oeuvre unique en la matière.
C'est en vérité avec et par l'orgue que peut s'accomplir
l'adéquation parfaite entre la beauté plastique du graphisme
des lignes d'écriture d'une partition,
le sens du texte illustré, l'esthétique du buffet et le
rendu harmonique de l'instrument
comme c'est le cas dans ce choral
de l'Orgelbüchlein de J S Bach
"Wer Nur Den Lieben Gott Läst Walten"
Dans
lequel
la basse obstinée soutient et relance sans relâche
le
cantus firmus
sur
un rythme
binaire dynamique
illustrant le texte du choral :
Wer
nur den lieben Gott läst walten,
und hoffet auf ihn allezeit,
den wird er wunderbar erhalten
in aller Not und Traurigkeit,
Wer Gott, dem Allerhöchsten, traut,
der hat auf keinen Sand gebaut.
Celui
qui se laisse guider par le
bon Dieu et met toujours en Lui son
espoir trouvera un soutien merveilleux
en Lui dans la misère et la détresse,
Celui qui a confiance en Dieu, le
Tout Puissant, n'a pas bâti sur le sable
"Il
faut, pour que le tout soit précisément beau,
que ses parties le soient également, et qu'il n'en soit
pas composé de laides : le Beau doit toutes les assigner
à être belles" Plotin
: du Beau
L'ancien
orgue de l'église St Louis en l'Ile à
Paris
Orgue Mutin (1924) dans
un buffet XIXeme
Le nouvel orgue de B.
Aubertin (mai 2005)
Spiritus
ubi vuit spirat
L'orgue
est maintenant installé après trois semaines
de montage (mars 2005). Le résultat est magnifique. Il
faut à
présent attendre qu'il
se repose avant de procéder aux derniers réglages
et accords.Le
temps pourra alors apporter sa patine.
De
l'extérieur, rien ne distingue l'église si ce n'est
cette horloge à double cadran et cette porte à médaillons
La
tribune restaurée et renforcée de style jésuite
La
coquille sculptée a imposé une disposition particulière
du buffet avec la petite tourelle du positif au centre.
Bernard
Aubertin et l'orgue de St-Louis en l'Ile
dans
son atelier jurassien de Courtefontaine.(photo "Le Progrèss")
Quelques
vues de la fabrication et du montage de l'orgue dans l'atelier
du prieuré de Courtefontaine, Jura (XIIeme).
On peut observer l'importance du détail et de la sculpture du bois.
Les
grands 16' de montre
Vue
plongeante sur les buffets et la console
Couronnement
des tourelles
Panneau
décoratif avec le triangle symbolisant la Trinité
faisant
miroir avec le décor baroque du choeur
Confection
d'un grand 16'
Les tuyaux métalliques sont en étain ou alliage
étain/plomb.
Tuyaux
du positif et postages en plomb
Réglage
de tuyaux en bois (chène ou châtaignier ou épicéa
des Vosges)
Les tuyaux en bois ont des lèvres métalliques permettant
une attaque instantanée du son
Mise
en place des tuyaux de 16' de la montre.
Les tuyaux de façades sont en étain à 75%,
râclés ,brunis et vernis.
Finition
des sommiers du grand orgue
Les
sommiers permettent l'accès à tous les tuyaux.
Mécanisme
des registres
Conçus pour être simples et efficaces.
Tirage
du Grand Orgue.
Jeux
d'ombre et de lumière.
Bernard
Aubertin présentant l'orgue (18/09/05)
L'orgue
est entièrement mécanique et construit avec des matériaux
nobles.
Les buffets ont été conçus selon le "Werkprinzip"c'est
à dire qu'ils sont le reflet de la structure interne
Prêt
pour le grand voyage
Michel
Chapuis ne ménage pas son admiration pour cet orgue
qu'il considère comme une parfaite réussite permettant
de jouer la musique baroque allemande
tout comme la musique d'orgue classique française.
L'instrument
est composé de 3.500 tuyaux répartis sur 45 jeux principaux
à traction mécanique,
trois claviers de 56 notes et un pédalier de 30 notes, conçu
dans la grande tradition des orgues baroques
de l'Allemagne du nord. Cet instrument n'est absolument pas une copie
d'un orgue ancien.
C'est
une création voulant faire vivre une tradition tenant une place
prépondérante dans l'histoire de la facture d'orgue.
Pour cet instrument, B Aubertin s'est en effet référé
au grand facteur
préféré de J S Bach Zacharias Hildebrandt (1688-1757)
ainsi qu'à Michael Praetorius (1571-1621) pour créer un
instrument unique et original.
Il a nécessité plus de 20.000 heures de travail depuis
1999
Le résultat :
Photos J Revel (juin
2005)
Composition :
1°
clavier : Positif de dos :
Montre 8'
Bourdon 8'
Quintaton 8'
Prestant 4'
Flûte à cheminée 4'
Flageolet 2'
Flûte 1' 1/3
Sexquialter II rgs
Mixture IV rgs
Dulciane 8'
Allemande
4'
Accouplements : III/II - II/III à fourchettes
Accouplement à tiroir : II/I - II/Pédale.
Tremblant I et II . Appel anches - boîte humaine.
Le
concert inaugural
avec Michel Chapuis, Benjamin Alard, Vincent Rigot a eu lieu le 22 juin
2005 devant un auditoire comblé et enthousiaste.
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Le
grand orgue de la Mariagerkirke
au
Danemark
La
dernière création de B. Aubertin (un grand 16' de
45 jeux, commandé par la Mariagerkirke au Danemark) a été
inauuré par F. Jacob le 31décembre 2010 dans l'atelier
de Courtefontaine (Jura) en présence de plusieurs centaines
d'amateurs enthousiastes.
L'orgue
Aubertin de la Mariagerkirke assembé dans l'atelier de Courtefontaine.
De gauche à droite :
le
Buffet central avec
les tuyaux de 16' et la mécanique intéririeure.