
La
douve en hiver (janvier 2003)
La
tour fortifiée d'entrée :
on aperçoit
les lézardes
causées par le
tremblement de terre catastrophique de 1356

Partie
restaurée
Archère
croisée associée à une ouverture de couleuvrine
Le château de Chevigny en 1913
La
tour et la partie restaurée

A
deux pas du château : l'abreuvoir-lavoir.
A. Marquiset,
historien local, décrit ainsi le château :
"La
porte d'entrée,
Entrée
fortifiée du château.
placée
à l'un des angles, dont la baie est encore colorée par
les teintes rougeâtres des rouilles de la herse, est surmontée
d'un donjon flanqué de deux tourelles.
Passage
de la herse.
Cette
porte était autrefois défendue par un pont-levis jeté
sur un fossé large et profond. A la droite de cette porte,
se prolonge en décrivant une courbe prononcée,
un vaste bâtiment qui servait d'écurie et de logement aux
palefreniers.
Le
corps de logis en face, restauré pour l'habitation
du propriétaire actuel, ne formait qu'une seule pièce
d'une immense étendue.
Ce château a été plusieurs fois pris et brûlé;
des traces d'incendie sont encore visibles sur quelques pierres calcinées
de ces murs antiques.
En
1373, le seigneur de Chevigny fut chargé par la duchesse
de Bourgogne de visiter les villes et les forts de la province,
afin de les faire mettre en état de résister aux Anglais,
qui espéraient se rendre maîtres de la Bourgogne, ou la
ruiner.
En
1376, Philippe le Hardi vint à Chevigny tenir sur les fonds
de baptême, le fils de Jean de Vienne, seigneur de Roulans,
auquel il laissa de magnifiques présents en argenterie.
Lorsqu'au
mois de mai 1636, le prince de Condé
vint mettre devant Dole un siège inutile, il détacha
quelques unes de ses troupes sous les ordres de la Meilleraie, grand-maître
de l'artillerie, pour courir et ravager le pays.
La Meilleraie se présenta d'abord devant Chevigny.
Les villageois qui gardaient le château refusèrent d'en
ouvrir les portes et soutinrent sans canon, pendant quatre jours,
les efforts de cette troupe aguerrie.
Sommés de se rendre, ils répondirent :
" Qu'ils ne consentiroient
oncques à trahison si haïssable et infâme comme celle
dont ils seroient chargés, s'ils
rendoient le château sans ordre de celui auquel
ils devoient foi et hommage, tant qu'icelui seroit
encore en vie ; et que du dessein qu'ils avoient formé
de se défendre jusqu'à l'extrémité point
ne se
désisteroient, et qu'ainsi l'exigeait leur honneur.
"
La
Meilleraie, soit qu'il ne voulût pas faire périr inutilement
des hommes loyaux et courageux, soit, comme dit Boyvin,
que "cette place de peu d'importance pût être mesprisée
et laissée arrière" , passa outre. Chevigny, qui
tire son nom
des mots celtiques ched, bois ; win, beau ; nès, prés,
est situé au bas d'un petit coteau planté de vignes,
dont les produits sont presque tous consommés sur les lieux mêmes.
Les
terres donnent des récoltes qui dépassent, d'ordinaire,
les besoins des habitants, car le commerce enlève
chaque année environ mille boisseaux de grains de toutes
espèces. Les prairies fournissent un bon fourrage, mais pas en
assez grande quantité pour nourrir tout le bétail. L'église,
du patronage du chapitre métropolitain, est sous le titre
de l'exaltation de la sainte Croix ; elle a été reconstruite
en 1177 ; l'architecture en est élégante ; la chapelle,
sous l'invocation de Notre Dame et des trois Rois, était à
la
nomination du seigneur. Le domaine féodal de Chevigny appartenait
en 1460 à Guillaume, seigneur de Champdivers.
Après être resté longtemps la propriété
de cette famille,
il passa dans celle des Laborey, à la fois barons de Salans.
Un arrêt du parlement de Besançon, du 24 mai 1677,
maintint le seigneur dans le droit d'instituer un sergent
en sa justice, haute, moyenne et basse de Chevigny.
Au moment de la révolution, cette terre était à
M. Ferdinand-François Duchamp, écuyer et officier de dragons
;
elle est revenue ensuite, par héritage, à M. Patouillet
de Déservillers"
.(D'après A. Marquiset).
La vérité
historique du texte est peut être contestable,
mais son caractère anecdotique permet à notre imagination
de vagabonder, ce qui dans un cadre tel que celui
du château de Chevigny, laisse une part importante
au fabuleux.
La douve
:
un paradis
pour canards, poules d'eau et poissons
de toutes espèces.
__________________________________________________
L'illustration musicale est une chanson d'Adriann
Willaert (1536) :
Allons, allons gay, gayement ma
mignonne,
Allons, allons gay, gayement vous et moy.
Mon père a fait faire ung chasteau
Il est petit, mais il est beau Allons, allons, etc
D'or et d'argent sont les crénaulx,
Le roy n'en a point de si beau,
Allons, allons, etc
|
Le
château de Chevigny vu d'avion
Tel un vaisseau
de haute mer, le château semble
voguer sur un océan de tournesols
Plan
du Château
Le
donjon et la partie XV°
Fours
à cuire (XIII°) récemment dégagés (Juillet
2004)
Travaux
de restauration (Septembre 2005).
Une vision
romantique :
Gravure du
XIX° montrant le château de Chevigny (Mallard 1844)
Le
donjon (XII°)
On
peut lire une autre description du château dans le Dictionnaire
Historique d'A. Rousset :
" L'origine
de Chevigny et l'étymologie de son nom
sont entourées de nuages. On ne saurait dire si ce village existait
déjà lorsque Jules Céar
se rendit maître de la Séquanie ou s'il eût pour fondateurs
les colons Chamaves envoyés par l'Empereur au IVeme siècle
pour repeupler les communes voisines de Dole.
Il était à peu de distance de la voie romaine
de Langres à Lyon et de la célèbre castramélation
établie sur le mont Guérin. Le 1er titre
qui le mentionne est la donation de l'église
faite en 1182 par l'archevèque de Besancon à son chapitre.
Entre 1200 et 1227 la guerre entre
le duc de Méranie époux de Béatrix de Mâcon
et le comte de Bourgogne qui revendiquait
la succession du Comté engloba aussi Chevigny.
A
la suite des différents sièges que cette forteresse a subis
plusieurs brèches ont été faites au mur. L'ensemble
de l'édifice a subi des modifications importantes. En tous cas
il existait en 1376 puisque le Duc Philippe le Hardi après la session
du Parlement tenue à Beaune le 27 juin 1376, revint visiter le
Comté de Bourgogne et passa au château de Chevigny
où il tint sur les fonds baptismaux un fils de
l'illustre Jean de Vienne qui avait acheté la terre de Chevigny".
Le
château était considérable, à en juger
par l'étendue du terrain qu'il occupait.
Il était composé d'une cour en forme de trapèze,
de vastes bâtiments entourant complètement
cette cour,et d'une enceinte de fossés ayant 30 m de largeur.
La
douve en hiver
Le
bâtiment autour de la cour,
qui forme le château proprement dit,
était précédé d'un pont levis, à la
suitre duquel
était un pont de pierre. En face du pont levis,
était une grosse tour quadrangulaire. Sous cette tour était
la porte d'entrée, défendue par une herse, des machicoulis
et le pont levis.
Mâchicoulis
dans l'entée fortifiée
Le
corps de logis
à droite de la porte d'entrée renfermait une chapelle composée
de trois travées de style ogival usité au XVeme siècle.
Clef
de voûte dans la chapelle
Sous
cette chapelle s'étend
une immense cave dont les murs extérieurs
construits contre les fossés sont percés
de meurtrières et ont 4m65 d'épaisseur.
Souterrain
(XV°)
Au
dessus de la chapelle était la salle des gardes
dont les murs extérieurs sont couronnés
par des crénaux et une tour de guet.
:
|